Nucléaire et démocratie

Ces temps-ci, lorsqu’on évoque le nucléaire, on pense souvent à la capitale de la Belgique. Ou à celle du l’Union européenne. Bruxelles ou Bruxelles. Il est vrai que l’on a souvent le choix concernant cette belle ville, par exemple en chansons : préférez-vous le Bruxelles de Brel, celui de Dick Annegarn, d’Angèle, de Boulevard des Airs ou encore bien d’autres ?

Concernant le nucléaire, le choix en ce moment est entre celui de Bart De Wever, nationaliste flamand de droite, et celui d’Ursula von der Leyen, ex-ministre allemande de la Défense qui préside la Commission européenne depuis 2019. Deux options qui finalement se rejoignent dans la vénération de l’atome, de l’incompétence et du ridicule. Voyez un peu.

Le 10 mars 2026, lors du Sommet mondial du nucléaire (un titre bien clinquant pour un regroupement d’industriels aux abois !), Mme von der Leyen a déclaré que « c’était une erreur stratégique de la part de l’Europe de se détourner du nucléaire, une source fiable et abordable d’énergie à faibles émissions ».

Notons d’abord que la politique énergétique est censée être l’apanage de chaque pays de l’Union européenne. Il n’y a donc jamais eu de « décision stratégique » européenne ayant conduit le continent à se « détourner du nucléaire ».

Certains pays ont abordé cette affaire de la façon la plus démocratique en consultant la population par référendum. Le 5 novembre 1978, les Autrichiens ne font pas les autruches et votent à 50,5 % contre le nucléaire et la mise en service de la première (et dernière) centrale du pays, pourtant flambant neuve !

En Italie, un premier referendum est organisé le 8 novembre 1987 suite à la catastrophe de Tchernobyl : le nucléaire est rejeté à plus de 72 %. Début 2011, le Premier ministre affairiste Berlusconi lance l’organisation d’un nouveau référendum pour inverser le résultat de 1987 mais patatras, peu de temps avant le vote fixé au 13 juin 2011, se produit la catastrophe de Fukushima.
Résultat : 94 % contre le retour du nucléaire ! Berlu en a eu la berlue ! Dans d’autres pays, les populations n’ont été invitées qu`à célébrer les projets nucléaires lancés pour la plupart dans les années 1970 et 1980, à commencer bien sûr par la France. Aujourd’hui, les installations sont en fin de vie et la plupart des pays concernés ne veulent pas replonger dans le nucléaire, préférant démultiplier les centrales photovoltaïques et éoliennes.

Début d’un article dans le journal La Décroissance de juillet 2026.

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