La répression de l’État français au service de Netanyahou

Le procès de l’islamologue François Burgat, accusé d’ « apologie du terrorisme », s’est tenu le 24 avril à Aix- en-Provence. Cette énième intimidation judiciaire des soutiens pro-Palestine s’est heureusement soldée par une relaxe. Mais elle marque une étape supplémentaire dans la répression d’État. […]

Et les procès ne manquent pas, surtout depuis les attentats de Charlie hebdo. Mais après le 7 octobre, l’État a lâché carrément la bride, et chargé ses opposants politiques : convocations au poste pour Mathilde Panot et Ríma Hassan de la France insoumise (et procès à venir pour cette dernière), un an de prison avec sursis pour le secrétaire général de la CGT du Nord Jean-Paul Delescaut… Et le 18 juin prochain, deux militants de Révolution permanente, dont Anasse Kazib, devront expliquer en quoi un tweet qui dénonce le soutien occidental à Israël, c’est pas du frérisme mais le B.A.-BA de l’humanité. […]

Pendant quatre heures d’interrogatoire, les avocats de la défense cherchent à faire dire à Burgat qu’il est un fervent soutien du Hamas : tant de ses dirigeants, qui d’ailleurs l’appellent « frère », que de sa branche militaire coupable des attaques. Burgat n’entre pas dans leur jeu, et parle de ce qu’il sait : « la violence « islamique » ne vient pas de l’islam », elle est une réaction à l’oppression de l’Occident sur les populations arabes et musulmanes, en France comme à Gaza. Taquin, il rappelle : « Charles de Gaulle en 1967 disait lui-même a propos de l’État d’Israël qu’en occupant des territoires, il devait opprimer, réprimer, expulser. Qu’il y ferait naître une résistance, qu’il devrait alors qualifier de « terroriste ». Je n’ai pas dit autre chose que cela. Je n’ai fait qu’historiciser les attaques du 7 Octobre pour les situer dans la trajectoire du conflit israélo-arabe, sans quoi on ne peut pas les comprendre, et si on ne peut pas comprendre, on ne peut pas réagir efficacement contre ces mécanismes qui font ensuite les poseurs de bombes. » […]

Une- répression qui touche quelques figures médiatiques, mais aussi des centaines d’anonymes tous les ans (332 condamnations pour la seule année 2015). Ce même mois, 1’Assemb1ée nationale adopte une proposition de loi « relative à la lutte contre l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur », histoire de fournir une base légale aux dizaines d’interdictions de conférence sur la Palestine qui s’accumulent depuis trois ans. Et le collectif Urgence Palestine est toujours en instance de dissolution. Burgat, quant à lui, vit sa meilleure vie. Depuis la relaxe, il tweete sans complexe, dont l’article du Gorafi qui titre « Par sécurité, Bruno Retailleau propose d’arrêter tous les musulmans qui ont des frères ». Si on ne peut plus rien dire, peut-être peut-on encore rire ?

Extraits d’un article dans le mensuel CQFD de juin 2025.

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