Les conséquences environnementales de l’IA

[…] DataOne, société qui développe deux data centers dédiés à l’IA, un dans l’agglomération grenobloise, l’autre près de Lyon. DataOne doit monter progressivement en puissance. Au départ 1 GW était annoncé, soit l’équivalent d’un réacteur nucléaire ! Actuellement 200 MW par site sont annoncés, avec 40 MW déjà installés sur chaque site et 100 MW annoncés pour la fin de l’année.

Pour faire tourner ces machines, il faudra une quantité énorme d’électricité. Avec une puissance de 200 MW, la consommation d’électricité de Data0ne représenterait 60 % de la consommation actuelle de l’agglomération grenobloise, tout compris (ménages, services, entreprises…)
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La puissance de 40 à 100 MW de DataOne Grenoble correspond à 40 000 à 100 000 radiateurs électriques de 1000 W tournant en permanence (1000 W étant une puissance standard pour un radiateur). La totalité de l’électricité consommée par le data center est restituée à l’atmosphère sous forme de chaleur, au cœur d’une agglomération sujette aux canicules.
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Pour raccorder un data center au réseau très haute tension, les aménagements nécessaires sont payés par nos impôts et nos factures d’électricité. Ces derniers paieront aussi pour l’adaptation du réseau aux infrastructures IA (entre autres pour l’installation de nouvelles lignes à haute tension). Nos impôts et nos factures financeront aussi le maintien et développement de capacités de production électrique pour répondre à la demande importante de l’IA.
En effet, bien qu’il y ait actuellement surproduction électrique en France, si tous les projets dédiés à l’IA se réalisent, ils atteindront une puissance égale à la moitié de celles des réacteurs nucléaires actuels. La surproduction électrique ne suffirait donc pas. Et comme le coût de construction de nouvelles capacités de production est élevé, il est question d’utiliser l’épargne populaire, notamment le livret A, pour aider à financer le nouveau nucléaire, voire les grosses installations industrielles dites « renouvelables ».
En revanche, les hyper scalers rapporteront peu à la collectivité. Ces installations bénéficient d’exonérations de taxes et d’un tarif avantageux pour l’électricité. Elles créent très peu d’emploi relativement à l’investissement consenti. Nos impôts, nos factures d’électricité et notre épargne vont donc contribuer à financer des infrastructures électriques qui profiteront à des spéculateurs et à des investisseurs, pour l’essentiel étrangers.
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Quelle que soit l’énergie primaire, il faut des infrastructures de production et de distribution d’électricité, dont la mise en place consomme beaucoup de matériaux non renouvelables : métaux, plastique (pétrole), béton (sable)… Toute augmentation de la consommation d’électricité augmente l’extractivisme et ses impacts. La surconsommation d’électricité génère donc tout un cortège de nuisances qui s’ajoutent à celles du numérique. l’lA ne va pas résoudre les crises actuelles, mais les accélérer. Elle va notamment à l’encontre de la conversion à une économie sobre et bas carbone.

Extraits d’un article dans la revue Sortir du nucléaire d’octobre 2026.

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